Les Températures de Service Pour le Vin Blanc, de Chardonnay au Sauvignon Blanc

Les Températures de Service Pour le Vin Blanc, de Chardonnay au Sauvignon Blanc

Ce qui s'applique aux crus rouges, est également valable pour les vins blancs: une fois sur table de nombreux drames ont lieu dans les verres. Les vins fins fruités perdent leur tension et leur finesse à cause d’une mauvaise température de service. Mais là ou pour le rouge le thermomètre grimpe à une vitesse vertigineuse, les vins blancs se débattent souvent avec un phénomène inverse: ils sont servis à une température glaciale. Perdant ainsi la majorité de leur charme.

Non seulement dans la sphère privée, mais malheureusement encore trop souvent dans les restaurants, les hôtels et les brasseries, beaucoup de crus blancs n'obtiennent pas ce qu'ils méritent, à savoir une température de service correcte.

Correcte signifie en premier lieu que le vin, sans distinction d'origine ou de cépage dominant, ne devrait jamais tomber en dessous de la limite absolue de 6° à 7° Celsius. Donc ne pas être servi à la température du frigidaire.

Parce que si cette stratégie d’Alaska est utilisée - consciemment (pour camoufler des petites erreurs du vin) ou inconsciemment (par amateurisme) – ce sont surtout le début et la fin du vin qui souffrent du froid.

L'équilibre démembrée

Pour commencer, le bouquet est carrément muet. Après tout, la plupart des nuances aromatiques sont supprimées par le froid et les caractéristiques du raisin ou la richesse de ses arômes sont encore à peine traçables.

Les éventuelles erreurs de vinification en sont donc largement cachées. Le goût central demeure alors plutôt plat et monotone, mais c'est surtout l'arrière-goût qui semble disparaître. Récemment, je fus confronté à ce phénomène lors d'une dégustation pour mon guide annuel de marchands de vin, à mon insu les bouteilles blanches avaient été placées pendant 1 à 2 heures dans un espace frigorifique de stockage de nourriture et la température y oscillait autour des 4° Celsius.

Quand j'ai découvert ça, c'était trop tard: pendant au moins 2 à 3 heures, les cuvées ne pouvaient pas être dégustées correctement, qu'elles aient coûtées 5 ou 15 euros. Nous l'avons essayé, mais les réactions ont été unanimes: peu ou pas d'expression aromatique, presqu’aucun relief de saveur et sans exception ultra court à la fin. Les résultats des tests avec des bouteilles identiques une semaine plus tôt ne se comparent pas avec ces impressions de morsure glaciale. En bref, la distinction entre les vins blancs ‘simples’ et ‘complexes’ devient considérablement plus petite lorsque le vin finit glacial dans le verre.

 

Simplicité versus complexité

Une autre règle de base pour le blanc est identique à celle du vin rouge. Structurellement les simples ‘secs’ qui ne possèdent que le sentiment immédiat du fruit et leur acidulé récente -et qui doivent donc être consommés endéans des 2 ans après leur récolte ou leur mise en bouteille- sont systématiquement servis plus froid que les cuvées avec plus de complexité, de concentration, d'âge et / ou de dépôts de chêne. Dans ce dernier cas, le mercure peut même parfois approcher la température idéale du cellier, comme un grand Bourgogne ou un Graves.

Le même principe s'applique également aux vins doux de dessert. Les nuances d’arômes et de goûts de nougat, de coing, de noisette, de vanille, d’abricots confits, de fleurs etc… d’un beau Sauternes se dégageront si la bouteille ne provient pas directement du réfrigérateur ou qu’elle n’a pas passée des heures dans le seau à glace.

 

Les températures de service idéales des terroirs du vin blanc
Source: QelviQ base de données de températures 2018

Les températures de service idéales des cépages du vin blanc
Source: QelviQ base de données de températures 2018